Portée par le Ghana, la résolution adoptée par 123 pays appelle à des excuses et à des réparations, malgré l’opposition des Etats-Unis et les abstentions européennes.

Source : https://www.franceinfo.fr/monde/afrique/a-l-onu-la-traite-des-esclaves-africains-reconnue-comme-le-plus-grave-crime-contre-l-humanite_7895315.html ( L’ambassadeur du Ghana, Samuel Yao à New York le 23 mars 2026 )
Un vote chargé d’histoire. L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, mercredi 25 mars, une résolution proclamant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage(Nouvelle fenêtre) comme « crime le plus grave contre l’humanité ». Le texte, non contraignant, a été approuvé par 123 Etats, contre trois (Etats-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont celles des pays de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Portée par le Ghana(Nouvelle fenêtre), cette initiative vise à faire reconnaître l’ampleur, la durée et les conséquences durables de ce système, marqué par plus de 300 ans d’exploitation et de violences.
A la tribune, le président ghanéen John Dramani Mahama a salué un moment « historique », appelant à « la vérité » et à une « justice réparatrice ». La résolution invite notamment les Etats à présenter des excuses formelles, à envisager des compensations pour les descendants des victimes et à renforcer les politiques de lutte contre le racisme.
Réparations et divisions diplomatiques
Le texte ravive toutefois de profondes divergences. Les pays européens et le Royaume-Uni se sont abstenus, mettant en garde contre une possible « mise en concurrence » des tragédies historiques. Les Etats-Unis ont voté contre, jugeant la résolution « hautement problématique » et refusant toute reconnaissance d’un droit à réparation pour des faits qui n’étaient pas illégaux à l’époque.
Une position contestée par le Ghana. « Aucune autre atrocité n’a été aussi systémique, aussi longue, avec des conséquences persistantes », a défendu son ministre des Affaires étrangères. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé les « blessures profondes » laissées par cet « ordre mondial pervers », appelant à « la vérité, la justice et la réparation ».

